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23/10/16 - Appel à communication - L’animation socioculturelle : quels rapports à la médiation ?

Appel à communication pour le colloque "L’animation socioculturelle : quels rapports à la médiation ?" organisé par le Pôle Carrières Sociales ISIAT-IUT Bordeaux-Montaigne et l’UMR 5319 PASSAGES/CNRS Université Bordeaux Montaigne, les lundi 30 et mardi 31 janvier 2017, à l’IUT Bordeaux Montaigne - 1 Rue Jacques Ellul - Bordeaux.

"Les champs de l’« intervention sociale » et par conséquent celui de l’animation connaissent depuis plusieurs années une diversification et une multiplication des activités qu’il recouvre. Parmi elles figure la médiation qui constitue elle-même un ensemble fragmenté, divisé en segments plus ou moins (re)connus et structurés, à l’instar des médiations familiale, culturelle interculturelle, pénale, sociale, etc. (Divay Sophie, 2012). Ainsi « moissonné », le terme de médiation rend compte de pratiques extrêmement diverses par leur objet, leur finalité, leurs modalités opératoires et les acteurs qu’elles impliquent (Grelley, 2012). Le colloque sera l’occasion d’analyser, notamment, des expériences au travers desquelles l’animation socioculturelle mobilise / convoque les pratiques culturelles et artistiques, dans la production du lien, voire du changement, social."

A travers une réflexion construite sur des exemples pratiques, l’enjeu central du colloque sera de tenter de démêler et d’analyser les rapports entre animation et médiation. Pour ce faire quatre axes de réflexion et de contribution sont proposés :

Axe 1 : La médiation ou la question du projet politique adressée à l’animation

Dans une première acception et à travers la gestion des tensions sociétales (cf. axe 3), les médiations sont des processus dynamiques qui font bouger simultanément de multiples composantes de la situation sociale initiale (Jolly et Guigue, 2010). Pour autant, les dynamiques issues du conflit ne vont pas sans ambiguïtés ou sans poser la question idéologique des finalités, du projet social que poursuivent les acteurs socioculturels de la médiation. Facilitatrices des relations sociales, correctrices de dysfonctionnements ou de décalages cognitifs ou revendicatifs, les médiations peuvent opérer dans le sens « gestionnaire » d’un rétablissement des équilibres du système social, donc en préservant les ordres de celui-ci. Outre le fait que la médiation puisse favoriser l’émiettement des revendications et des mobilisations collectives (Tapia 2010), certains considèrent que les pratiques afférentes sont souvent instrumentalisées dans le but de promouvoir des modalités « douces » de contrôle social (Grelley, 2012).(...)

Axe 2 : La médiation, une compétence de l’animateur ou un métier spécifique ?

L’animation comme la médiation, d’abord pensées comme des modes d’intervention tournés vers la régulation des tensions sociétales, agissent aujourd’hui en réponse à des problématiques sociales multiples et auprès de publics très variés. Cela se traduit par une extension des territoires d’intervention de l’une comme de l’autre, et par une évolution paradigmatique qui anime nombre de débats universitaires ou socioprofessionnels. Avec au centre des discussions, la question de la concurrence des champs d’intervention, des compétences professionnelles et des qualifications médiatrices. S’agissant de l’animation socioculturelle, elle relève d’une double médiation : d’une part entre les publics et les objets socioculturels qu’elle présente ; d’autre part entre les réalités de la vie quotidienne des citoyens et l’expression de la vie politique de la Cité. Mais la médiation, ou les médiations qui peuvent être mobilisées par les animateurs socioculturels, alors qu’ils agissent en interface entre le politique et les citoyens ou encore entre des objets socioculturels et des publics, semblent devoir être distinguées du statut de « médiateur » qu’il soit institutionnel ou conventionnel.(...)

Axe 3 : La médiation, un outil de gestion des tensions pour l’acteur socioculturel ?

Le principal registre d’actions autour duquel se structure la médiation est celui visant à réduire, apaiser ou résoudre des situations de différends, de désaccords ou de crises entre des personnes, qu’elles se situent à un niveau collectif ou interindividuel. Porteuse de ces préoccupations, l’animation socioculturelle, héritière de l’Éducation populaire, s’est développée à partir des années cinquante dans un contexte d’urbanisation massive et de développement des problématiques urbaines et de jeunesse (Richelle 2013). Cet héritage recoupe la problématique plus générale des « médiations sociales ». Ces formes qui sont les plus connues et qui se sont, de nos jours, multipliées, se définissent ainsi comme des technologies sociales constituées de dispositifs et d’intentions visant à réguler des comportements ou à arbitrer des conflits. Elles sont souvent rapprochées ou assimilées au secteur des professions facilitatrices ou régulatrices de la vie sociale, c’est-à-dire vouées au mieux-être des individus et à l’entretien de relations pacifiques entre les groupes sociaux (Tapia 2010).(...)

Axe 4 : La médiation au prisme des pratiques sociale et culturelles

Si elle est bien convoquée comme moyen d’apporter des retouches au tissu social, de recréer des liens et de la sociabilité en désamorçant des violences potentielles, la médiation vaut aussi plus que la simple gestion du conflit. En effet, elle investit de plus en plus fréquemment des champs qui ne sont pas ceux de la concurrence et du conflit, mais plutôt ceux de l’interaction et de la sociabilité, qu’elle soit sociale, paysagère, environnementale, etc. Dans ces aspects qui pourront faire l’objet de communications,, son objectif n’est alors pas de réparer une relation qui se serait dégradée mais bien de la créer (Grelley, 2012). La médiation prend ainsi le sens plus large de mise en relation, de capacité de traduction, entre le sujet et le monde, entre les hommes eux-mêmes. C’est, parmi d’autres exemples, le cas de la médiation culturelle qui se présente comme une mise en relation entre le sujet et le monde par le biais du rapport esthétique, mais aussi comme un processus de transmission, d’échange, d’appropriation de sens visant à provoquer une relation expressive entre les individus et les groupes dans le cadre d’un projet culturel globalisant. Avec la médiation culturelle, l’accent est mis sur la relation entre les personnes, entre les institutions, entre les langages, entre les formes. De ce point de vue, l’énonciation par l’intermédiaire du processus esthétique est porteuse de sens : elle réalise, si elle trouve un espace reconnu pour se dire, une médiation entre le sujet et autrui, le sujet et le monde vécu (Caune, 1996 et 2006).(...)

Echéancier

Envoi des propositions de communication : jusqu’au 23 octobre 2016

à l’adresse mail suivante : colloques-isiat@iut.u-bordeaux-montaigne.fr

Les textes d’une page (2 000 à 2 500 signes espaces compris) seront envoyés en format Word, Times new roman, Police 12, interligne simple avec un titre, le nom et les coordonnées du communicant, son statut et son organisme d’appartenance, l’axe de réflexion privilégié et un exposé synthétique présentant la problématique générale, le terrain ou les données mobilisées, les résultats ou axes de réflexion développés lors de la présentation.

Retour des avis du comité scientifique : mi-novembre 2016.

Edition du programme définitif : mi-décembre 2016.

Réception des textes complets : jusqu’au 13 janvier 2017.

Colloque : lundi 30 et mardi 31 janvier 2017.

Voir l’appel à communications sur le site de l’UNAT.