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30/06/20 - Appel à articles - Revue Naaj - "Transitions environnementales et écologie politique des savoirs"

Appel à articles de la Revue africaine sur les changements climatiques et les énergies renouvelables Naaj (volume 2, numéro 1) : « Transitions environnementales et écologie politique des savoirs : de la commotion coloniale et néo-libérale à la « co-motion » sociale-écologique ».

"Le présent appel s’inscrit dans une perspective envisageant les « transitions » sous un angle renouvelé. S’inscrivant dans la continuité d’une série de travaux récents (Truffer et al., 2015 ; Ollivier et al., 2018), ces dernières ne sont pas réduites à un changement incrémental ou paramétrique (Mahoney et Thelen, 2010), ni à un processus téléologique (Geels, 2011) mais bien à une transformation réitérée des structures de l’action collective par des collectifs organisés et organisants. Appliquée au contexte africain, une telle conception implique de déployer un institutionnalisme historique et pragmatique qui laisse toute sa place à l’analyse des processus de (dé)colonisation (Bansel et al., 2005) qui ont marqué les relations entre le Nord et le Sud pendant les deux derniers siècles ainsi qu’aux stratégies de (dé)colonialité (Grosfoguel, 2006 ; Sarr, 2016) induites par les politiques néolibérales déployées à partir des années 1980."

OBJET

"Le dossier en préparation [...] souhaite privilégier une approche interdisciplinaire de la thématique proposée. Les auteur-e_s de toutes les sciences sociales et humaines sont appelé·e·s à participer sans pour autant s’y limiter. Ils ou elles sont invité·e·s à explorer la thématique à partir d’analyses locales, nationales voire internationales. La mise en contexte d’études empiriques, de corpus originaux, la rencontre entre une approche théorique solide et un terrain sont vivement encouragées."

AXES

Les questionnements qui orienteront ce travail collectif renverront (entre autres) aux enjeux suivants :

  • Enjeux analytiques
    Comment traiter de l’inséparation « commotion coloniale et néo-libérale » et « co-motion sociale-écologique » et de la pluralité de leurs modalités d’interaction : doit-on privilégier les approches en termes de dépendance de sentier et de points de rupture, de déterministe structurel et de reproduction hégémonique (Castro-Gomez, 2006), d’espace de jeu et de négociation stratégique (Bello-Bravo, 2020) ?
  • Enjeux épistémologiques
    Comment faire évoluer les théories en sciences sociales afin de construire une approche dialogique de la production de savoirs : faut-il privilégier les approches en termes de « lutte des ontologies politiques » supposant un rapport frontal entre ontologies (Escobar, 2019), celles évoquant une perspective « non fondationiste » favorisant la plasticité des processus d’individuation (Velicu, 2015), invoquer la notion de « créolité » comme voie alternative, c’est-à-dire comme production de résultats improbables incorporés de manière non intentionnelle par les protagonistes ?
  • Enjeux méthodologiques
    Comment instrumenter de manière innovante les dispositifs de production, de combinaison voire de confrontation des savoirs ? Comment penser de nouvelles méthodes et de nouveaux protocoles de recherche (Lloyd et al., 2015) susceptibles de décoloniser les institutions occidentales et de réduire leurs effets de domination épistémique (Howitt et al., 2017) ? Faut-il modifier les modalités d’écriture scientifique en ayant recours aux auteurs « non humains », faire évoluer les formats et les contenus d’écriture, pluraliser les mediums de production de connaissance ?
  • Enjeux pratiques
    Comment développer des analyses de la déconstruction au service de la reconstruction théorico-pratique et éviter le procès d’analyses critiques « théoriques », « discursives », « homogénéisantes » et in fine empreintes d’une « relative désinvolture » pour la complexité du social (Martuccelli, 2019) ? Comment choisir et faire parler ses études de cas afin de « reconsidérer l’espace » et ainsi construire, dans un vaste mouvement de production cumulative, une approche se réclamant de « l’universel diversel » (Grosfoguel, 2006) ?

INFORMATIONS PRATIQUES

Date limite de dépôt : le 30 juin 2020.

Dépôt en ligne uniquement

Modalités : résumés de préférence en français.

Voir l’appel à contributions sur le site de la revue