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01/06/20 - Appel à communications - Journée d’études - "Approches géographiques de la transition : transition énergétique, transition écologique"

Appel à communications dans le cadre de la journée d’études de l’Association de Géographes Français (AGF) qui se déroulera le 10 octobre 2020 à l’Institut de Géographie de Paris.

"Le concept de transition connaît depuis quelques années un certain succès médiatique et politique. La transition désigne un changement graduel d’un état de départ, plus ou moins stable, vers un autre censé être aussi relativement stable. [...] Depuis le début des années 2000, c’est principalement pour évoquer les changements qu’impliquent les défis environnementaux en lien avec le changement climatique, que l’on évoque le concept de transition."

OBJET

"L’objectif de cette journée est d’explorer le concept de transition appliqué à des objets géographiques de natures et d’échelles variées. Les contributionschercheront donc à discuter les concepts de transition énergétique ou écologique et proposeront des analyses portant sur des thématiques géographiques opérationnelles. Une première question consistera à définir l’échelle d’analyse permettant d’étudier les effets spatiaux des transitions, dont il conviendra de définir la nature et l’importance. À travers les objets géographiques examinés, les contributeurs sont invités à proposer une définition de ce que l’on entend par transition. Quels sont les changements, les transformations pris en compte, permettant de définir en quelque sorte l’entrée dans une transition entre deux modèles ? Une autre question essentielle est celui du rythme et de la durée des transitions. Peut-on distinguer différents modèles de transition comme cela est suggéré par certains auteurs [1] ? Enfin, on s’interrogera sur la pertinence du concept de transition par rapport à d’autres concepts (changement, mutation, transformation, etc.) pour décrire et expliquer les phénomènes observés."

AXES

"Cette transition qualifiée tantôt d’écologique, tantôt d’énergétique, a fini par supplanter le concept de développement durable, qui avait été mis en avant depuis le rapport Brundtland. Illustrant cette substitution, le ministère français de l’Ecologie et du Développement durable est devenu en 2017 le ministère de la Transition écologique et solidaire. Bien qu’il apparaisse dès le début des années 1980 [2], le concept de transition énergétique, qui désigne alors une politique destinée à réduire la consommation en améliorant l’efficacité énergétique et à substituer les énergies renouvelables aux énergies fossiles, ne s’est imposé qu’assez récemment. L’accident de Fukushima en 2011 et ses répercussions sur la politique énergétique allemande, désormais désignée de « Energiewende » (transition énergétique) ont fortement contribué à ce succès (au moins médiatique). Depuis lors, plusieurs revues de géographie ou de sciences de l’environnement ont consacré des dossiers ou des numéros complets à la transition énergétique ou écologique [3]. Dans d’autres revues publiant un dossier, ou un numéro consacré à un thème connexe comme le changement climatique, la transition est également abordée par un ou plusieurs articles [4].
Néanmoins, à l’image des insuffisances conceptuelles du développement durable, le concept de transition ne semble pas être encore clairement défini, comme l’illustre d’ailleurs la confusion entre transition écologique et énergétique. Il y a pourtant nécessité de bien distinguer ces concepts dans la mesure où l’on a pu mettre en évidence qu’à l’échelle des Etats, l’histoire de l’approvisionnement énergétique avait été marquée par une succession de transitions énergétiques d’ampleur et de durée variables, mettant en jeu différents combustibles fossiles [5]. Une transition énergétique n’est donc pas forcément une transition écologique, qui prend d’ailleurs en compte d’autres éléments que le système énergétique. De plus, certains auteurs [6] contestent la notion même de transition, au sens d’une substitution complète d’une catégorie de sources d’énergie à une autre et voient plutôt une évolution sous la forme d’une addition de ressources au cours du temps. Tout comme la notion de transition semble forcer la référence à des états d’équilibre préalables, la transition énergétique, comme toute forme de « transition », met fortement en débat la référence à un état initial mal identifié.

INFORMATIONS PRATIQUES

Date limite d’envoi : le 1 er juin 2020.

Adresse d’envoi : michel.deshaies@univ-lorraine.fr

Modalités : titre et résumé de 600 caractères maximum.

[1] Kévin Duruisseau, « L’émergence du concept de transition énergétique. Quels apports de la géographie ? », BSGLg [En ligne], 63 (2014/2) - Varia
[2] Krause, Bossel et Müller-Reißmann, 1980, Energiewende – Wachstum und Wohlstand ohne Erdöl und Uran, S. Fischer Verlag.
[3] On peut citer, entre autres : VertigO (2014) , Transition énergétique : contexte, enjeux et possibilités ; Géocarrefour (2015), Les campagnes dans la transition énergétique ; Rives méditerranéennes (2015), La transition énergétique en Méditerranée ; RGE (2015), Energies renouvelables et territoires : les défis de la transition énergétique en Allemagne
[4] Entre autres : Norois (2017), Adapter les territoires aux changements climatiques : transition urbanistique et aménagement de l’espace ; Norois 2018, Patrimoine, vignoble, continuité écologique, transition énergétique, anthropologie des catastrophes
[5] Vaclav Smil, Energy Transitions : History, Requirements, Prospects, Westport, Praeger, 2010 ; Jean-Claude Debeir, Jean-Paul Deléage, Daniel Hémery, Une histoire de l’énergie, Paris, Flammarion, 2013.
[6] Jean-Baptiste Fressoz, « Pour une histoire désorientée de l’énergie » [communication aux 25èmes Journées Scientifiques de l’Environnement - L’économie verte en question, 2014, Créteil].

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Appel à communications