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La réforme du gouvernement local à Londres : association ou abandon des citoyens ?

10 septembre 2012,

Métropolitiques, 10 septembre 2012.

| Articles scientifiques

"Alors que la crise actuelle met à mal la prise en charge des services urbains par les collectivités territoriales, le Localism Act adopté en Angleterre en 2011 parie sur l’implication de la société civile. Mais, combinée à une réduction drastique des dépenses publiques, cette réforme annonce surtout la mise à l’écart des habitants au profit du secteur privé."

"La coalition conservateurs/centre (Conservative/Lib-Dem) au pouvoir au Royaume-Uni depuis 2010 a mis en place une réforme du gouvernement local : le Localism Act. Promulguée en novembre 2011, la loi propose d’introduire d’avantage de « localism » dans la gestion des services municipaux [1]. Le localism, dans le discours politique britannique, désigne une idéologie politique qui encourage les habitants à participer à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques locales [2] et promeut une gestion des services collectifs à l’échelle du quartier.

Le discours conservateur associe le localism au concept de Big Society, qui désigne les institutions non-étatiques composant la société civile et inclut les acteurs du secteur privé. Dans le contexte actuel de réduction drastique des dépenses publiques, il incombe à la Big Society de se substituer en partie à l’État pour assurer la fourniture des services publics [3].

Cet article s’intéresse à deux aspects de la loi : la promotion de l’aménagement participatif et les modalités de l’implication de la Big Society dans la gestion des services locaux. Dans les faits, l’autonomisation des habitants est très partielle et comporte même un risque d’exclusion de l’accès aux services, qui varie en fonction des contextes géographiques. Dans les zones rurales aisées, le transfert de compétence paraît pouvoir être assumé largement par la société civile, ce qui en garantit l’accès au plus grand nombre. Dans les espaces urbains, a fortiori à Londres, la réforme semble annoncer la privatisation des services municipaux et l’exclusion des populations les moins favorisées."

Plan de l’article

Une participation citoyenne partielle et contrainte

Big Society : la gestion des services municipaux par la société civile ?

Un risque accru de privatisation des services en contexte métropolitain

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[1] Le texte est composé de 6 parties qui portent sur les prérogatives et l’autonomie des gouvernements locaux (parties 1, 2 et 3), la gouvernance londonienne (partie 6), l’implication des habitants dans le fonctionnement des services municipaux (partie 4) et l’aménagement (partie 5).

[2] La promotion univoque du localism par les gouvernements nationaux remonte au premier mandat Blair, et plus généralement, à la reconfiguration idéologique du parti néotravailliste autour de la question du gouvernement local. Le discours de Tony Blair de 2001 intitulé « Améliorer votre environnement local » (Improving your local environment) est significatif de ce changement idéologique qui fait reposer la responsabilité de l’amélioration des conditions locales d’un espace sur ses résidents.

[3] « Nous devons repenser sérieusement le rôle et la taille de l’État. Notre alternative au Big Government, c’est la Big Society ». Discours de David Cameron intitulé The Big Society, 2009.

Texte intégral / résumé

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mots-clés Démarches participatives