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Les architectes de l’habitat participatif, entre militance et compétence

30 janvier 2012,

Métropolitiques, 30 janvier 2012.

| Articles scientifiques

"L’habitat participatif mobilise des architectes militants, prêts à s’engager dans des démarches longues et risquées, ouverts à des formes de dialogue approfondi avec les collectifs d’habitants qui sont leurs commanditaires. Ils ne renoncent pas, pour autant, à un rôle dominant dans la conception de l’espace."

"L’expertise architecturale et l’expertise urbaine tirent bénéfice, comme nombre de professions dotées de hautes qualifications, de « l’asymétrie de l’information » (Ramau 2000) : le praticien est supposé disposer d’un savoir-faire théorique et pratique qui lui confère un certain ascendant sur son client. On sait combien il peut être structurant, pour des professionnels et des artistes, de minimiser la capacité du public « profane » à comprendre et apprécier leurs œuvres et productions. Il leur est également essentiel de développer des doctrines et des pratiques prenant le contre-pied des valeurs consensuelles, des goûts ou du sens commun partagés par les « profanes ». L’histoire de l’architecture est scandée par les périodes de flux et reflux de cette revendication d’autonomie de la conception. L’une des interrogations actuelles est de savoir comment, sur fond d’urbanisme « durable », vont se recomposer en architecture la revendication d’une certaine liberté de création, la part de reformulation de la commande, la synthèse et la réponse aux attentes nombreuses et diversifiées qui émanent d’usagers tendant à être davantage impliqués dans les décisions.

Le cas de l’habitat alternatif est un laboratoire de cette recomposition, un bon observatoire des postures que peuvent être amenés à prendre les architectes, face à des « clients » d’un type spécifique. La dimension innovante et militante des opérations, le jeu complexe des acteurs au sein duquel tous les rôles sont à négocier, la réflexion sur les particularités architecturales à donner à l’habitat alternatif sont autant de révélateurs de la situation dans laquelle se trouvent les architectes dans ce segment précis de production d’habitat. C’est en tous cas ce que nous avons questionné dans l’enquête que nous avons conduite sur six opérations en projet : la coopérative du Village vertical à Villeurbanne, celle du Grand Portail à Nanterre, la coopérative Arbram à Toulouse, les deux initiatives de collectifs de personnes âgées Les Babayagas à Montreuil et Lo Paratge à Saint-Julien-de-Lampon (Dordogne), ainsi que l’opération d’autopromotion Diapason à Paris 19e (Biau et Bacqué 2010)."

Plan de l’article

  • Des architectes militants
  • Des méthodes de travail spécifiques
  • À la recherche d’une architecture exprimant le « fait coopératif » ?
  • Pour les architectes, une pratique pionnière ou une évolution de la pratique ordinaire ?

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mots-clés Démarches participatives