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DANIEL-LACOMBE, Eric | Zetlaoui-Léger, Jodelle

L’aménagement des sites universitaires en France

Quelle qualité d’usage, urbanistique et paysagère ?
1er janvier 2012,

Recherche exploratoire pour le Plan Urbanisme Construction Architecture, 2012.

| Rapports de recherche et d’études

Présentation de l’étude

L’annonce au début de l’année 2008 par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche d’un Plan Campus, associée à celle portée par le Président de la République à la fin de l’année 2009 de consacrer aux universités 8 des 35 milliards d’euros d’un grand emprunt public visant à relancer l’économie française, ont été les signes de la préparation d’un vaste chantier d’opérations de constructions universitaires en France.

Cette initiative, la plus importante dans ce domaine depuis les Plans « Université 2000 » et « U3M » qui s’étaient succédés au cours des années 90, a pour ambition d’articuler un projet de restructurations pédagogiques et scientifiques sous-tendu par la constitution des Pôles de Recherches et d’Enseignement Supérieur (PRES) à un projet de recomposition et de rénovation immobilière devant se traduire par un remaniement de la carte des implantations universitaires dans certaines agglomérations et par une amélioration de la vie étudiante.
Les réflexions sur l’urbanisme universitaire qui s’étaient multipliées il y a vingt ans alors qu’il s’agissait de construire et d’aménager plusieurs centaines de milliers de mètres carrés après deux décennies durant lesquelles les investissements avaient fortement décliné dans ce secteur, avaient conduit à une virulente critique des opérations menées dans l’urgence au cours des années 60 et des campus inachevés à la française. En guise de préconisations, elles avaient alors donné lieu à un plaidoyer en faveur de nouveaux principes qui devaient guider les opérations d’aménagement et de construction à venir, comme celui d’une meilleure intégration socio-économique et spatiale des sites universitaire à leur environnement illustré notamment par le fameux slogan du « retour de l’université en ville », ou comme celui appelant à une réinvention de l’architecture universitaire [1]. Au cours des années 90, de nombreuses recherches, études et ouvrages ont présenté et ont été témoins de la volonté et des modalités de mise en œuvre de ces intentions. En revanche, on sait encore peu de choses de la façon dont les réalisations qui en ont été le produit, ont effectivement répondu sur un plan qualitatif aux ambitions qui avaient été définies [2]. L’évaluation des opérations de construction et surtout d’aménagement du point de leur qualité d’usages nécessite de prendre un peu de recul avant de pouvoir être mises en œuvre et d’en tirer des enseignements prospectifs : celui du temps de l’installation dans les lieux et de leur appropriation par leurs utilisateurs et usagers ou encore par les populations citadines concernées. Alors que d’ambitieux programmes de construction sont annoncés et que le mode de management de ces opérations tend à évoluer sous l’impulsion de la Loi de Responsabilisation des Universités adoptée en 2007 [3], il paraît aujourd’hui particulièrement pertinent de procéder à un tel travail.

Le rapport est téléchargeable sur le site du PUCA, à cette adresse

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Notes

[1] Ministère de l’Éducation Nationale, Universités 2000. Quelle Université pour demain ?, La Documentation Française, 1991.

[2] Les ouvrages et rapports parlementaires consacrés à des évaluations de ces programmes ont davantage mis en exergue des indicateurs quantitatifs.

[3] Cette loi tend en effet à faire des universités les propriétaires de leur patrimoine, et donc de façon systématique les maîtres d’ouvrage de leurs opérations, position que peu d’entre elles avaient adopté bien qu’en ayant la possibilité au cours des plans Université 2000 et U3M (12% des mètres carrés réalisés l’ont été sous maîtrise d’ouvrage universitaire entre 1990 et 2000, source Revue Vie universitaire, février 2000). Elles n’étaient encore qu’une minorité à exercer ce droit en 2007 : 35% des opérations étaient assurés par de établissements, universitaires, 45% par les services rectoraux de l’État, 20% par les collectivités. (source : Rapport sénatorial n°372 de M. Jean Léonce Dupont, cité in CDC et CPU, Le transfert du patrimoine universitaire, PUF, 2010, p. 75.