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Stratégies de positionnement des architectes dans le ’star-system’

22 mars 1996,

Sociologos’96, almanach russo-français de l’Institut de Sociologie de l’Académie des Sciences de Russie. Recueil consacré aux élites sociales et professionnelles,1996. pp. 180-207.

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Dans la problématique des enjeux de positionnement et des modalités d’accès à la reconnaissance voire au pouvoir, l’architecture, du fait qu’elle est un "art sur commande", présente une particularité intéressante. Les architectes ont en effet à se situer par rapport à des processus bien connus dans les domaines artistiques comme la distinction ou la consécration par la critique, mais aussi par rapport à des contraintes et des concurrences d’ordre strictement économique, dans la mesure où l’existence même de l’œuvre est dépendante du bon vouloir et des moyens matériels d’un commanditaire. La recherche sociologique et historique sur les architectes a très clairement mis au jour la diversité de ces représentations et des positions professionnelles, en particulier la dualité assez permanente, même si les formes de l’opposition évoluent selon le contexte, entre des "architectes-artistes" et des "architectes-artisans ou d’affaires". En partant de cet acquis, que nous présenterons rapidement, nous tenterons de centrer notre approche sur le mode de constitution de ces positions. Ainsi il s’agira d’appréhender, en termes dynamiques voire stratégiques, les pratiques de positionnement des architectes, leurs tentatives plus ou moins conscientes d’acquérir une position professionnelle plus confortable, d’approcher d’un modèle de réussite professionnelle : obtenir des commandes, se faire connaître ou, mieux, se faire reconnaître par les instances de légitimation à l’œuvre. Mais, dans la diversité des modèles professionnels qui coexistent dans ce groupe, de quelle réussite est-il alors question ? Les canons actuellement en vigueur, si l’on en croit l’édition spécialisée, les prix et distinctions, les modèles proposés par l’enseignement, semblent définir l’"élite" architecturale comme celle des architectes cumulant les commandes valorisantes (les bâtiments publics essentiellement) et la reconnaissance par la critique architecturale et les médias. Ce modèle est-il dominant ? Quel est son impact sur les comportements professionnels des praticiens ?

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